Obscurité somptueuse

La nuit dernière je t’ai touchée et je t’ai sentie
sans que ma main ait fui au-delà de ma main,
sans que mon corps ait fui, ni mon oreille :
d’une manière presque humaine
je t’ai sentie.

Palpitante,
je ne sais si comme sang ou comme nuage
errant,
dans ma maison, sur la pointe des pieds, obscurité qui monte,
obscurité qui descend, tu as couru, scintillante.

Tu as couru dans ma maison de bois
ses fenêtres tu as ouvertes
et je t’ai sentie frémir la nuit entière,
fille des abîmes, silencieuse,
guerrière, si terrible, si somptueuse
que tout ce qui existe,
pour moi, sans ta flamme, n’existerait pas.

***

Gonzalo Rojas (1917 – 2011), poète chilien

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