Pépée

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Léo Ferré – Pépée

T’avais les mains comme des raquettes
Pépée
Et quand j’ te f’sais les ongles
J’ voyais des fleurs dans ta barbiche
T’avais les oreilles de Gainsbourg
Mais toi t’avais pas besoin d’ scotch
Pour les replier la nuit
Tandis que lui… ben oui !
Pépée

T’avais les yeux comme des lucarnes
Pépée
Comme on en voit dans l’ port d’Anvers
Quand les matins ont l’âme verte
Et qu’il leur faut des yeux d’ rechange
Pour regarder la nuit des autres
Comme on r’gardait un chimpanzé
Chez les Ferré
Pépée

T’avais le cœur comme un tambour
Pépée
De ceux qu’on voit le vendredi saint
Vers les trois heures après midi
Pour regarder Jésus-machin
Souffler sur ses trent’-trois bougies
Tandis que toi t’en avais qu’huit
Le sept avril
De soixante-huit
Pépée

J’ voudrais avoir les mains d’ la mort
Pépée
Et puis les yeux et puis le cœur
Et m’en venir coucher chez toi
Ça changerait rien à mon décor
On couche toujours avec des morts
On couche toujours avec des morts
On couche toujours avec des morts
Pépée

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Léo Ferré, cet homme plein de poésie, qui d’un seul mot, d’une seule phrase, vous faisait frissonner et parfois sangloter. Il était attendrissant et d’une grande sincérité.
Je lui rends hommage avec cette émouvante chanson qui raconte l’histoire d’amour qu’il a eu avec sa femelle chimpanzé Pépée, morte assassinée sur les ordres de son épouse Madeleine.

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