Je suis triste

Tes baisers s’assombrissent sur ma bouche.
Tu ne m’aimes plus.

Ce jour où tu parus!
D’un bleu de paradis;

Mon cœur se prit à voleter
Ivre de toi, douce fontaine.

A présent, ce cœur, je veux le maquiller
Comme les filles de joie
Fardent de rouge la rose fanée de leur hanche.

Nos yeux à demi-clos,
Comme des cieux mourants –

La lune a bien vieilli.
La nuit ne s’éveille plus.

Tu te souviens à peine de moi.
Que dois-je faire de mon cœur?

***

Else Lasker-Schüler