Vladislav Khodassévitch – An Mariechen

Pablo Picasso - Francoise sur Fond Gris, 1950

Car c’est si beau et immuable –
Mourir jeune, avant le péché.
Mais tes parents, inébranlables,
D’un mari voudront te doter.

Il vaudrait mieux – mais j’ose à peine
Effleurer ces pensées en moi –
Qu’un misérable te malmène
Un soir sans lune, au coin d’un bois.

Robe froissée, tu serais là,
Couchée dans la boulaie déserte,
Un couteau sous ton sein lilas,
Sous ton sein gauche de fillette.

20-21 juillet 1923
Berlin

♦♦♦

Vladislav Khodassévitch (1886-1939)

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Je suis triste

Tes baisers s’assombrissent sur ma bouche.
Tu ne m’aimes plus.

Ce jour où tu parus!
D’un bleu de paradis;

Mon cœur se prit à voleter
Ivre de toi, douce fontaine.

A présent, ce cœur, je veux le maquiller
Comme les filles de joie
Fardent de rouge la rose fanée de leur hanche.

Nos yeux à demi-clos,
Comme des cieux mourants –

La lune a bien vieilli.
La nuit ne s’éveille plus.

Tu te souviens à peine de moi.
Que dois-je faire de mon cœur?

***

Else Lasker-Schüler